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21 novembre 2017

Il me semble que c’était hier que j’ai vu les derniers paons du jour sur les soleils du mexique et, ici et là, quelques piérides. Un peu plus tard, ce sont les robert le diable qui se sont posés sur les asters.
Mais, finalement, j’ai peu vu l’automne. Je suis restée dans mon atelier et j’ai travaillé. On ne devrait jamais laisser passer une saison sans l’observer, n’est ce pas ? Parce qu’elle ne reviendra pas. En octobre, je suis tout de même restée une semaine dans le verger. Je l’ai toiletté, tiré des cordeaux et repris les bordures, apporté du broyat, ramassé les graines des tournesols et de la sauge sclarée, observé les soldats regroupés sur les tiges vieillissantes des roses trémières et les punaises arlequin rouge rayé de noir sur les ombelles des carottes sauvages. J’ai aussi pris le temps de ramasser nos premières châtaignes et j’ai rentré les courges avant les premières gelées.
Les chardonnerets élégants sont revenus. Ils virevoltent au dessus des graines de centaurée noire devant nos fenêtres. Nous avons beaucoup de difficulté à les suivre du regard, tellement ils sont vifs.
Les grives mauvis sont elles beaucoup plus placides et se laissent observer de longues minutes.
Le temps est très doux, couvert mais nous avons eu de merveilleuses lumières qui se sont posées tôt le matin sur le jardin.
Quelques brouillards se sont accrochés de l’aube jusqu’en fin de matinée la semaine passée. La scène était très étrange des fenêtres de mon atelier et la lumière trop faible pour me permettre de travailler.

14 août 2017

Que faire l’été ? aller s’asseoir sur le banc, boire son café et observer la mare, rejoindre l’autre banc, celui de Yann, et fermer les yeux à l’ombre du chêne, s’allonger dans l’herbe et se chauffer au soleil ; ou encore cueillir les premières mûres, suivre les insectes dans leurs multiples activités, admirer les papillons pendant des heures et ne pas déranger les couleuvres en marchant, se promener tôt le matin les pieds trempés par la rosée et tard le soir dans le petit bois de saules et, les jours de chance, écouter la pluie tomber sur la verrière de l’atelier. S’il n’y avait pas tout cela, on pourrait s’ennuyer l’été. Le jardin ne demande rien. Il vit sa vie et veux mûrir à sa guise.

12 juin 2017

La météo a occupé largement les conversations des jardiniers ces derniers mois. Il y a d’abord eu une fin d’hiver très douce ; les bourgeons ont explosés et les arbres fruitiers n’ont jamais produit de plus belle floraison. Nous espérions une fabuleuse récolte. Puis, une nuit de fin avril, nous avons eu – 6° et les espoirs se sont envolés. Nous étions désolés devant les dégâts provoqués par ce gel. Au fil des semaines, les arbres et les arbustes ont refait de jeunes feuilles, les rosiers et les glycines blanches abîmés ont refleuris plus tardivement. Mais depuis, nous avons eu de la grêle et un orage qui nous a apporté 31 mn de pluie en une heure. Et Lundi et mardi de la semaine passée un vent à décorner des bœufs a balayé le jardin. Les rosiers lianes et les vignes se sont comportés vaillamment et nous nous sommes retrouvés réconfortés.
Juin est là avec ses matins un peu frais. L’après-midi, le soleil peut être chaud. Les bourdons butinent les pavots des jardins (papaver somniferum) et les grandes molènes (verbascum thapsus). Les abeilles s’activent sur les céanothes et rentrent à la ruche, leurs pattes postérieures chargées de pollen. Hier, Les premiers demi-deuil volaient dans la prairie devant la maison.

Fin Mai, Marie (notre stagiaire d’une semaine) et moi avons herborisé sous un soleil de plomb mais nous avions des progrès à faire sur la reconnaissance des graminées. Je suis partie vers d’autres tâches et Marie a poursuivi son travail sur le carré des indigènes, nom dont elle a baptisé les quelques mètres carrés d’herbacées spontanées devant la serre. Jean-Pierre, de son côté, a construit un superbe hôtel à insectes qu’il a installé dans le champ des malus, tourné vers le sud. Il devrait être très rapidement habité.

20 avril 2017

Ce printemps sera mémorable. La floraison de tous les arbres fruitiers a été spectaculaire d’abondance et de beauté. La sécheresse, particulièrement marquée depuis plusieurs semaines, accentue le côté éphémère de cette floraison et la promesse d’abondantes récoltes s’est trouvée bien compromise par la gelée qui s’est installée en fin de nuit.

C’est en avril que les malus transitoria se couvrent d’une multitude de petites perles lavées de rose et, lorsque les abeilles envahissent l’arbre par centaines, les fleurs ont alors pâlies et se sont ouvertes totalement. Chaque jour nous les admirons puis, nous allons voir plus loin les grandes fleurs en coupe et les feuilles cotonneuses du cognassier commun. Le sol ombré, à l’orée du petit bois de saules, est couvert d’un tapis de stellaire holostée. Parfois, le bleu d’une pervenche ponctue tout ce vert tendre et répond au vermillon d’un camélia qui se penche sur elle.
Derrière l’église, dans le clos du paradis, les genêts à balais sont couverts d’or et se détache sur le vert sombre de la haie d’ifs. Tout près, sur le nouveau banc qui surplombe la mare, le chat de nos voisins nous défie du regard et se prélasse au soleil mais nous le soupçonnons fort de s’intéresser aux jeunes oisillons dont les nids sont à portée de griffe et cela nous désole. L’autre jour, nous l’avons vu s’enfuir poursuivi par les cris indignés et furieux d’un merle. Les oiseaux, dans leur hâte de construire leur nid, sont parfois d’une imprudence surprenante. Ils se contentent d’une brassée de tiges de saules posée dans la cour pour le troglodyte, d’une touffe d’ajonc à hauteur d’homme pour la grive ou de l’intérieur d’un if colonnaire très chétif pour le pinson.

Avril est un mois merveilleux plein de promesses. Nous attendons juste la pluie pour faire chanter les couleurs et faire boire la terre.

22 janvier 2017

Il fait froid, très froid. Les températures ont chutées à - 8° cette nuit. Je n’ai pas pour habitude de nourrir les oiseaux. Il y a suffisamment de baies, vers de terre et insectes dans le jardin pour eux ; mais, depuis quelques jours, je jette quelques poignées de graines de tournesol sur la table du jardin chaque matin. Les mésanges charbonnières, les mésanges bleues et les pinsons virevoltent autour de la table, se saisissent d’une graine et se posent sur le rosier liane qui couvre la tonnelle, tout cela dans un ballet incessant. Je les observe sans bouger derrière les vitres de la cuisine car ils sont très farouches. Au sud de la maison, là où l’espace est plus dégagé, les grives avec leur jabot tacheté et les merles écartent avec leurs pattes et leur bec les paillages à la recherche de vers. Les dernières baies du jardin font aussi leur délice.

Ce matin, la vigne bleue de Chine (holboellia coriacea) dont les fleurs discrètes sont si parfumées au printemps, faisait grise mine. Cette grimpante aux feuilles persistantes, originaire des forêts subtropicales du sud-est de la Chine, ne supporte pas les grands froids. Bien qu’elle ne m’ait jamais donné de fruits par manque de chaleur probablement, je n’aimerai pas la perdre. Nous verrons. Il reste quelques coings de Cathaye recouverts de givre. Les oiseaux les dédaignent alors qu’ils se régalent des dernières petites pommes du malus sylvestris.

J’attends le redoux pour commener la taille des pommiers et des poiriers. Les glycines et les vignes demanderont elles aussi mon intervention. Et puis, je reprendrai le paillage pendant que J.P. finira l’élagage et le recépage des arbres et arbustes des haies bocagères. La ficaire apparaîtra aux abords du sous-bois, précédée des premiers crocus dans la prairie au sud de la maison. Chaque jour sera un peu plus long que le précédent et nous verrons peu à peu l’hiver s’estomper.

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