article 0 | 5 | 10 | 15 | 20 | 25

4 février 2016

Les pluies sont enfin arrivées sur notre village et la grande mare se remplit peu à peu. Il fait très doux et j’ai terminé la taille des pommiers, des poiriers et des saules. Puis, j’ai commencé celle des cornouillers que j’ai gardé pour la journée vannerie de Christina.

Nous avons peu de lumière et le ciel gris en permanence nous incite à la mélancolie. Alors, je m’installe près du poële de masse et je regarde les photos prises il y a 12 ans, lorsque nous n’étions qu’au tout début de la création de ce jardin. Puis je regarde les photos prises ces deux dernières années et je suis réconfortée : les frênes, les chênes et les tilleuls des haies bocagères sont imposants. Les poiriers sauvages nous offrent, au printemps, une merveilleuse floraison et, ces dernières semaines, le jaune d’or des ajoncs couvrent les pentes des talus. Dès les premiers soleils, nous irons prendre notre café assis sur le banc d’ardoise du Jardin romantique. Tous les efforts fournis dans cet espace, tant la terre était ingrate, sont oubliés.

Le petit citronnier planté le mois dernier dans un pot et laissé à l’abri dans la serre ressemblera, dans quelques années, aux citronniers couverts de fruits de la villa Borghèse. Rien ne nous interdit de rêver, n’est ce pas ?

8 janvier 2016

L’an passé, nous avons eu 591 mn de précipitations et 1028 mn en 2014. Il s’agit des pluies tombées sur notre village. Les données sont similaires à Saint Judoce, quelques kilomètres plus loin mais différentes sur les hauteurs situées au Nord et au Sud du bourg : Dinan et Bécherel ou Plouasne. Une malheureuse flaque d’eau apparait au fond de notre mare toujours pleine à cette période de l’année. La Bretagne attend la pluie !

Quelques arbres fruitiers nous ont été livrés ce matin et nous nous sommes immédiatement mis au travail. Le citronnier a été mis en pot, de même que la vigne "Isabelle" en attendant de savoir où je vais pouvoir lui trouver une place. L’abricotier, les figuiers et les plaqueminiers, l’amandier et les mûriers blanc, noir et rouge ont été plantés, la plupart sur butte pour être sûre qu’ils ne souffriront pas du trop plein d’eau (et oui, cela arrive !). Ce sont tous de très jeunes sujets qui, bien que venant de la région d’Aubenas, devraient se porter vaillamment chez nous. Cette fin d’après-midi, nous voilà cassés tous les deux et nous nous sommes rapprochés du poêle de masse avec une bonne tasse de chocolat au creux des mains.

Peu avant midi, j’ai fait une promenade au jardin. Le temps était doux et le vent qui avait soufflé tout au long de la journée d’hier s’était calmé. Les parfums du lonicera fragantissima et ceux de l’osmanthus me parvenaient par bouffées ; les fleurs du chaemomeles japonica "Nivalis" (cognassier du japon) et celles de l’iris d’Alger sont parfaitement épanouies. Les cornouilliers mâles arrivent en fin de floraison. Tout me semble inhabituel cet hiver.

8 décembre 2015

Où est passé l’hiver ? Hier, j’ai vu des marguerites au bord d’un fossé et une touffe de primevères au fond du jardin. Nous avons besoin de gel pour limiter les maladies et les prédateurs. J’aimais ces petits matins glacés, lorsque nous partions à l’école emmitouflées dans nos cache-nez et nos passe-montagnes, les pieds au chaud dans nos chaussettes de laine et nos grosses chaussures. "Il a gelé à pierre fendre" disait ma grand-mère qui s’activait autour de la cuisinière à bois dès l’aube, la faisant ronfler tant et plus. La gelée du matin me manque, la poudre d’argent accrochée aux herbes et aux branches des arbres, le silence absolu du jardin. Ce mois de décembre, les oiseaux ne risquent pas d’avoir froid ni faim. Ils ont terminé de nettoyer les cotonéasters rampants, les houx et les berbéris et bien entamer les pommiers d’ornement. Il reste tant de fruits à grignoter : les pommes et les coings tombés au sol et non cueillis, les cynorrodhons et les fruits des cotonéasters lacteus. Il reste aussi à débarrasser de leurs graines certaines vivaces et graminées. Les provisions ne manquent pas pour l’instant et c’est un ballet incessant : les grives et les chardonnerets élégants arrivent en groupe, les merles accompagnent souvent les merlettes, le rouge-gorge et le pic vert sont des solitaires. Nos jumelles sont posées en permanence à portée de nos mains tant nous avons plaisir à les observer. Comment pourrait-on imaginer leur disparition ? Et pourtant...

4 Novembre 2015

Hier, nous avons trouvé un merle noir mort au pied de la serre et aujourd’hui, un rouge gorge a heurté une vitre de la façade sud de la maison. Il est resté inerte plusieurs minutes et nous avons surveillé étroitement la venue inopportune d’un chat mais il a repris des forces et s’est envolé. Les oiseaux reviennent près des maisons : les grives, les pinsons, les rouge gorges s’affairent dans les prairies fauchées, sur les tiges défleuries des vivaces, dans les branches des églantiers ou des pommiers d’ornement. 
La douceur de ces dernières semaines, les belles journées ensoleillées de cet été indien et l’absence de vent nous ont donné des couleurs chatoyantes. Les arbres et les arbustes se dépouillent peu à peu et seuls les fruits restent accrochés à leurs branches. Au lever du jour, la brume caresse le paysage et noie les premiers rayons du soleil. Nous attendons les premières pluies d’automne qui se font attendre.

Laurence et Didier se sont lancés dans une nouvelle aventure : la culture du safran. Dimanche, nous avons pris le chemin creux pour accéder à la parcelle. La journée était splendide : les feuilles crissaient sous nos pas, le soleil filtrait au travers des branches et zébrait le chemin de lumières et d’ombres, la douceur de l’air caressait nos visages, les rires fusaient. La cueillette a été rapide et l’émondage s’est fait dans la bonne humeur. L’odeur des fleurs emplissait la pièce et le rouge des stigmates couvrait la porcelaine.

Chaque jour JP fauche un peu de nos prairies et, chaque jour, je rassemble le foin en petites veilloches que j’utiliserai, après les pluies de cet hiver, pour pailler le pourtour des arbres et des arbustes. Il est loin le temps ou nous manquions cruellement de matières végétales pour couvrir le sol.

11 octobre 2015

J’ai entrepris quelques travaux d’automne dans le verger. Entre chaque arbre, j’aimerai voir quelques légumes, des condimentaires et des médicinales. JP a donc passer la débroussailleuse au plus près du sol, j’y ai épendu du compost maison bien mûr, une couche épaisse de cartons et de la paille bio que mon neveu, Didier, m’avait rapporté de Combourg. Autour de chaque fruitier, j’ai nettoyé et semé des graines de phacélie, de vesce et de sainfoin. Et pour me récompenser, la pluie est arrivée, juste quelques millimètres pour mouiller le semis. Me voilà à la moitié ou presque du verger. Mais, déjà, d’autres travaux m’appellent. Il y a bien sûr l’exposition du mois de décembre à préparer mais aussi ce rosier magnifique installé sur le pignon est de la maison, le Ghislaine de Féligonde. Il se plait tant qu’il est devenu gigantesque. Nous avons craint, tout au long de l’été, qu’il ne s’écroule entraînant dans sa chute les nids de pigeons et autres passereaux qu’il abrite. Il était nécessaire d’intervenir et d’aller voir au plus près la structure qui le soutient. Pour cela, il m’a fallu le scalper. Il a souffert.. et moi peut-être davantage.

Chaque jour, le jardin prend de nouvelles couleurs. Ce sont des rouges lie de vin, des carmins et des vermillons, des tons cuivrés, de l’orange éclatant et des jaunes souffrés. El puis, il y a tous ces fruits des pommiers d’ornement et des rosiers botanique qui attrapent votre regard et le réchauffent. Le sol se couvre de feuilles et de nouvelles transparences sur les talus nous font voir le jardin autrement.

article 0 | 5 | 10 | 15 | 20 | 25