Dimanche 19 octobre 2014

Le ciel bleu, tout au long de la journée, nous a fait croire que l’été était revenu. Les gens rencontrés souriaient d’aise et les oiseaux s’agitaient au soleil. Le jardin réclame ma présence car tout y est étonnant. Et je regarde, émerveillée, les petits fruits rouge vif du malus ’crittenden’ et de l’aronia. Les sorbiers des oiseaux (sorbus aucuparia) portent encore leurs grappes orangées. Les trois malus transitoria (mes préférés) sont constellés de perles d’or. Le rose thyrien d’un fusain d’Europe (euonymus euiropaeus) fait chanter le vert qui l’entoure et, comme un cadeau, une fleur délicate de Madame Alfred Carrière perce le feuillage d’un pommier d’ornement.
Je n’ai aucune envie de travailler au jardin. En octobre, il faudrait, parait-il, s’y atteler mais je suis prise d’une grande paresse et ne veux que m’y promener, marcher dans la rosée du matin et y croiser quelques papillons l’après-midi, flâner dans le petit bois après le déjeûner et écouter le cri de la chouette, sur le pas de la porte, le soir et rentrer se coucher en espérant que l’été indien se poursuive encore un peu.

Jeudi 25 septembre 2014

Nous mangeons du raisin chaque jour. Quel délice ! Les petits grains serrés du Baco noir sont moins sucrés que ceux de la vigne Perdin, mais ils restent savoureux. J’aime infiniment les grains fermes et dorés d’Exalta mais je crois que, finalement, mon préféré est Candin. Il faut attendre sa complète maturité pour bénéficier de toutes ses saveurs. On les grapille sur place et on y revient sans cesse. Dans mon village, je ne me souviens pas avoir vu de vigne, du moins, nous n’en avions pas à la maison, nos voisins non plus ; aussi, le raisin faisait presque partie des fruits exotiques au même titre que la banane ou l’orange. Pourtant, mon père avait eu une ferme près de Sainte Foi la Grande, dans le Périgord noir. Il faut dire qu’il n’y était resté que deux années. Je suis étonnée que ma grand-mère, qui vivait avec nous et était curieuse de tout, n’est pas rapporté un pied de vigne. Nous avons acheté toutes nos vignes chez Jardivigne, dans le Lot et Garonne.
Ce matin, peu avant midi, un rouge-gorge est venu dans notre cuisine. Il était apeuré mais a réussi, très vite, à retrouver le jardin. Et cette après-midi, c’est une mante religieuse qui nous a fait le plaisir de sa présence sur le bardage de notre maison, à l’ouest. J’aimerai tant qu’elle nous fasse des petits, octobre venu. Nous allons retardé la fauche des prairies.

3 septembre 2014

Chaque jour, nous ramassons des pommes et des poires et les pêches de vigne commencent à mûrir. Il va bientôt falloir cueillir les fruits du grand pêcher sur le talus, à l’est du jardin. Il y a de cela deux années, je me suis fait piquée 12 fois par des guêpes dont le nid se trouvait au pied de ce pêcher. Un gros fruit fermait l’une des ouvertures et j’avais malencontreusement posé le pied sur la seconde ouverture et, lorsque je l’ai retiré, des dizaines de guêpes affolées se sont mises à l’ouvrage sur mes bras et mes jambes. J’en garde un souvenir "cuisant". Les vignes, elles aussi, commencent à donner mais, certaines, ont un début de mildiou ; je dois dire que je ne les traite pas.
Connaissez-vous les Jardins de Coursiana à La Romieu (très beau village du Gers) ? Outre l’arboretum, le potager et le jardin de fleurs, des plantations de pruniers d’Ante s’épanouissent au soleil et les fruits tombés à terre regorgent de sucre et fondent dans la bouche. Vous rentrez chez vous avec un plateau de prunes qui embaument la voiture ou avec un kilo de pruneaux que vous utiliserez en cuisine cet hiver : juste un petit morceau du sud-ouest dans votre maison.

10 Août 2014

L’été est là. Il pleut et le jardin reverdit. Les fleurs carmin de la salicaire, appelée aussi lysimaque rouge (lythrum salicaria) ornent les fossés car elle aime les sols tassés et gorgés d’eau. Il y a quelques années, pour l’aider à s’installer dans le jardin, j’ai semé une poignée de graines récoltées à la fin de l’été et, depuis, elle est très présente dans le Clos du Paradis. La carotte sauvage (daucus carota) et la centaurée noire (centaurea nigra) qui aiment les prairies, sont arrivées seules. J’aime infiniment ces grandes sauvages. Elles sont fidèles et reviennent chaque année. Les ombelles de la carotte restent belles jusque tard dans la saison et ses tiges sont suffisamment solides pour résister aux pluies. La centaurée, elle, s’est affaissée sur ses voisins mais, peu importe, les papillons la butinent.
Sur le blog d’"arrosoirs et sécateurs", vous pouvez voir de nouvelles photos du jardin. Merci aux visiteurs de venir jusque Saint André des eaux et de nous encourager ainsi dans notre projet.

31 juillet 2014

La semaine passée, nous avons subi un violent orage. J’étais inquiète par les bourrasques de vent qui malmenaient le jardin et heureuse de voir toute cette pluie tomber. J’imaginais le sol se gorger de cette eau avec délectation. Au matin, nous avons fait une promenade dans le jardin. Les feuillages étaient lavés, les tiges redressées et chaque plante avait repris vie. Nous sommes dans le "Saël" des Côtes d’Armor. Les pluies arrivent de l’ouest et se déversent sur Dinan et Bécherel et épargnent, bien souvent, notre fond de vallée. Nous jalousons nos amis de Plaintel - le jardin du Champ clos - dont la terre reste toujours fraîche.
Hier soir, alors que le soleil quittait l’horizon, je suis passée près des pois de senteur. Leur parfum m’a ravie. J’ai fermé les yeux et j’ai revu le jardin de ma grand-mère : c’est l’été. Il fait chaud et ce sont les grandes vacances...
Voici les noms de mes pois de senteur : "ballerina blue", "white suprême", "scent infusion" de chez Thomson & Morgan. Je vais couper les fleurs fanées pour qu’ils poursuivent leur floraison et je garderai quelques gousses pour le semis de l’an prochain.