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9 mai 2015

"Il pleut, il pleut bergère..." Il pleut sur le jardin et la terre se gorge d’eau. Quel bonheur ! Bon, il faut veiller certaines vivaces comme le liseron ou la potentille rampante, mais je regarde toutes les autres sauvageonnes avec beaucoup de bienveillance. Voyez le géranium des bois ou le géranium des prés qui s’installent dans les espaces dégagés, l’élégance du fumeterre, les tapis du lierre terrestre et ceux de la stellaire holostée sous le couvert des saules, et tant d’autres qui fleurissent au printemps. Ce sont toujours des sujets d’émerveillement.

Tous les arbres fruitiers étaient couverts de fleurs ces dernières semaines et les abeilles rentraient à la ruche les pattes lourdes de pollen. Les iris et les glycines ont fleuri plus brièvement, les pluies et les rafales de vent les ont malmenés. Les rosiers sont, eux aussi, un peu échevelés. Le "woodzii fendleri", un rosier botanique originaire du continent nord-américain et aux fleurs rose lilas, est le premier à fleurir. C’est l’un de mes rosiers préférés. Il faisait partie des rosiers botaniques que Clare m’avait donné www.landscapes-et-cie.com

Depuis quelques années, un couple de pics verts vient chercher sa pitance matin et soir dans le jardin. Ils s’installent devant la façade sud de la maison : le terrain est à découvert et le danger est moindre. Nous restons de longs moments à les observer. La plupart du temps, c’est la femelle qui travaille le plus mais, parfois, le mâle la rejoint et nous avons le plaisir de les voir sauter l’un près de l’autre et picorer inlassablement tout en surveillant le territoire. Une reine frelon asiatique avait décidé que la cabane à outils serait un endroit parfait pour y installer son nid. Nous pensions, de notre côté, que l’idée n’était pas géniale. Que faire ? Il s’agissait d’un nid primaire et il n’y avait pas encore d’ouvrières aussi, à la tombée de la nuit, Jean-Pierre a aplati (et oui !) le nid. Nous avons trouvé le cadavre de la reine au sol et nous n’étions pas très fiers. Mais, est-ce que ce n’est pas ce qu’il faut faire ? Nous avons pensé à nos abeilles et aux milliers de frelons à naître..." La vie est un long combat" dirait ma grand-mère.

Je retourne gratter la terre et me faire massacrer par mes rosiers lianes qui ont rompu certaines de leurs amarres lors des derniers grands vents.

14 Avril 2015

Au village, les potagers sont préparés, la terre affinée et les premiers semis effectués. Sous les serres de fortune, les premiers pieds de tomate sont déjà installés et la vigne montre ses jeunes feuilles. Dans notre jardin, les bourdons terrestres s’activent, la pervenche coure dans le sous-bois et les fleurs rouges sang du groseillier à fleurs de fuschias (ribes speciosum) font chanter les verts tendres tout autour d’elles. J’aime me promener le long de cette lisière des saules en cette saison ; il y a tant de choses à observer et l’odeur du viburnum burkwoodii emplit tout l’espace. Dans le champ des malus, les deux malus baccata, originaire de Sibérie, sont les premiers à fleurir. Le premier bénéficie d’une terre profonde qui lui réussit. Les racines du deuxième ont dû rencontrer dans le sous-sol du poudingue et l’arbre en souffre terriblement. Il est, hélas, trop grand pour que nous envisagions de le déplacer. Dans notre terre lourde, les cognassiers se plaisent. Le cognassier de Cathaye (chaemomeles cathayensis), avec sa ramure dressée et épineuse, porte des fleurs simple blanc rosé d’une grande délicatesse. Les fleurs rouge brique de ses voisins, les chaemomeles japonica, couvrent leurs ramures plus modestes mais tout aussi épineuses. Le cognassier du Japon ou chaemomeles speciosa "nivalis", assez vigoureux, porte des fleurs simples d’un blanc pur. Tous ces cognassiers nous donneront de beaux fruits en Automne.

La semaine passée, nous avons eu deux légères gelées au lever du jour mais il semblerait que les fleurs des pêchers n’en aient pas souffert. Chaque année, la crainte est la même. Le gel abîmera t-il les fleurs des arbres fruitiers ? Notre abricotier polonais, planté il y a 9 ans, n’a jamais pu nous donner de fruits pour cette raison, excepté l’année passée où nous nous sommes partagé l’unique abricot venu à maturité. Il était délicieux.

Je retourne au jardin. Il me faudrait avoir vingt bras.

 

 

20 mars 2015

La grisaille était présente tout au long de la journée et le vent du nord-est particulièrement froid. Je suis donc restée au coin du feu, d’autant que le travail au jardin n’est pas conseillé en période de noeuds lunaires. J’en ai profité pour trier mes photos jardin et réfléchir aux semis à venir. Le ciel s’est assombri encore davantage en milieu de matinée mais la couverture nuageuse était trop dense pour voir l’éclipse.
Le printemps, avec l’équinoxe, sera là demain. Les fleurs du pêcher le plus précoce se mêlent aux fleurs du prunellier et les touffes de primevères se multiplient sur les talus. Les chatons des saules faux-daphné (salix daphnoïdes) sont d’une délicatesse absolue et leurs tiges violines se détachent sur le ciel. Les oiseaux se font plus présents dans le jardin et s’activent autour des nids. Jean-Pierre et Alan ont installé trois nids pour des hirondelles sur le pignon est de la maison. D’autres oiseaux les occuperont peut être avant qu’elles n’arrivent. Ils ont utilisé un mélange de terre, plâtre et chanvre, un logement H.Q.E. en quelque sorte.

Demain sera une journée de vives eaux sur nos côtes et le spectacle devrait être grandiose.

5 Mars 2015

Lorsque les touffes d’hellébores se font généreuses, la floraison du cornouiller mâle (cornus mas) est déjà bien avancée et celle de l’épine noire (prunus spinosa) commence à peine. Il faut attendre la pleine floraison de ce prunellier pour sentir l’arrivée du printemps. Les tous derniers jours de janvier, quelques fleurs très précoces du cornouiller mâle étaient déjà formées. A présent, le jaune d’or des fleurs vernissées de la ficaire forment des tapis sous la fraîcheur des arbres.
C’est dans le jardin romantique que j’ai planté mes premières hellébores et comme elles m’ont toutes été données par des amis, je ne connais pas leurs noms. Peu importe, elles s’hybrident entre elles et les petites nouvelles sont presque toujours une belle surprise. Les voilà, avec mon aide, sorties du jardin romantique et ont rejoint les fleurs des elfes (épimédium), les consoudes (symphitum) et les pervenches (vinca) à l’orée du petit bois de saules. Elles se plaisent là, sous l’ombre légère des saules et d’autres viendront les rejoindre dans les années à venir.

L’oothèque de notre mante religieuse, morte à présent, se trouve à l’abri des prédateurs et du froid. Avec de la chance, nous verrons quelques mantes religieuses au jardin cet été.

15 février 2015

De mon village du Meslier jusqu’au bourg de Trévérien, la route était bordée de talus plantés de haies bocagères. Les pervenches et les primevères y poussaient à foison. Nous en faisions de jolis bouquets que nous ramenions à la maison au retour de l’école et lorsque nous allions jusqu’au bois de la Fosse aux loups chercher notre sapin de Noël et la mousse pour habiller la crèche, la joyeuse expédition se faisait à l’abri des chemins creux. Aujourd’hui, le regard se perd sur les hauteurs de Bécherel, à l’ouest, jusqu’aux bourgs de Saint Domineuc et Pleugeuneuc, à l’est.
Comment lutter contre le vent et le ruissellement, donner une chance à la faune et à la flore de se développer, procurer du bois de chauffage et du bois d’oeuvre ?
Dans notre jardin, nous avons planté le premier hiver, avec l’aide du département, 600 m. linéaire de haies bocagères sur talus avec un chemin creux. Nous avons choisi des espèces locales : chênes pédonculés, frênes, érables sycomore et érables champêtre, merisiers et saules, pommiers communs, poiriers sauvages, pruniers myrobolan et néfliers, quelques persistants : houx et ifs avec, entre chaque arbre, un bourrage de fusains, ajoncs, genêts, viormes, troënes, bourdaines, coudriers et cornouilliers. Quelques rosiers botaniques donnés par Clare (www.landscapes-et-cie.com) ont été insérés. Ils sont merveilleux au début de l’été. Cette semaine, nous avons terminé les élaguages et les recépages. Les fagots sont entassés dans un coin du jardin pour servir de protection à la faune ou brûlés dans notre poële de masse. Nous ne savons pas encore bien gérer les ajoncs qui font des pousses vigoureuses dans l’année et multiplient les petits. Cette année, nous allons les rabattre en juillet. Autrefois, les landes de Saint André en étaient couvertes. On le donnait aux chevaux. Les oiseaux adorent y faire leur nid et tout cet or sur les talus nous réchauffe le coeur.

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